Louis Perrin

Il est peintre, sculpteur, mais aussi performeur et inventeur. Créateur d’un art, d’un style, d’un personnage singulier, Louis Perrin développe depuis une vingtaine d’années une œuvre prolifique et pour le moins diversifiée, unifiée par un même sigle intrigant, ZEP, dont il laisse à chacun le loisir d’imaginer le sens.

Ces trois lettres étaient à l’origine portées par une vieille plaque de signalisation des chemins de fer, trouvée, en 1991 à Mulhouse, dans un recoin du vieil entrepôt qui lui tenait lieu d’atelier. Cette découverte marquera un tournant symbolique dans son parcours d’artiste et le début d’une nouvelle aventure esthétique.

L’art Zep est un concept au sein duquel se croisent et s’entremêlent la sculpture, la peinture, la performance et l’installation. Chaque discipline étant elle-même déclinée, au fil du temps, de multiples façons. L’artiste revisite par exemple la signalétique routière, qu’il enrichit de son propre langage et de panneaux de son invention, il ranime d’anciens rouages endormis et oubliés, les imbriquant en de monumentales clepsydres.  » La résonance de la sculpture, je l’ai découverte avec les cathédrales – il a notamment participé à la rénovation de celle de Strasbourg –. Depuis, j’ai travaillé la pierre, la résine, le bois, enfin presque tous les matériaux ».
De fait, Louis Perrin joue aussi avec le bronze, l’aluminium, le polyester, duquel il tire notamment de surprenants et touchants personnages. Les Zep, campés sur des jambes démesurément longues et, prenant appui sur un ou deux pieds dénués du complexe de taille, s’élancent d’une démarche aérienne vers on ne sait où mais avec une détermination certaine et communicative. Leurs longs corps se déploient – ils dépassent bien souvent les deux voire trois mètres de haut – en un mouvement, souple, léger, suspendu dans les airs, dans le temps, et s’ajustent à leur environnement, symbolisant à leur manière « la marche de l’humanité ».« Je crois en la présence physique d’une œuvre, explique l’artiste. La lumière ne fait que signifier l’objet, le prolonger dans l’espace. »
Forcé il y a quelques années de quitter son atelier à Mulhouse, voué à la démolition, Louis Perrin est venu s’installer en pleine campagne, à Brassac dans le Tarn-et-Garonne. « Je préférais aller hors de la ville, voire hors d’un village pour des raisons de rythme de vie et aussi pour ne pas gêner les voisins avec d’éventuelles nuisances sonores. » Son atelier occupe aujourd’hui les vastes locaux d’un ancien moulin du 18e siècle, un lieu atypique auquel l’artiste porte une profonde affection : « des bâtiments de plusieurs époques coexistent et créent un ensemble étrange, qui mêle une architecture traditionnelle du Quercy et des constructions industrielles dont certaines sont posées sur d’anciens murs en pierre. » Peu à peu, Louis Perrin remet patiemment sur pied le noble édifice : « Je n’ai pas en projet de terminer cet endroit, mais simplement de continuer à le faire vivre, d’y vivre, et d’autres continueront après moi », conclut-il simplement.

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